«L’agriculture, l’agtech et les hommes», par Valeur tech
Dans cette tribune, le cabinet Valeur Tech plaide pour une «réelle politique ciblée de formation et d’adoption technologique, où l’agriculteur et ses partenaires sont au centre».

« Villepinte et Versailles n’ont jamais paru aussi proches cette année, tant les enjeux techniques et de filières semblent aujourd’hui intimement liés. Du côté de Versailles, tous s’entendent pour redonner un nouveau cap à nos filières. Un continuum production, transformation, export pour la filière grain – des filières d’élevage résolument tournées vers les consommateurs et engagées à redoubler d’efforts pour assurer une traçabilité augmentée auprès des consommateurs.

A Villepinte, les machines ont depuis longtemps dépassé leur seul objectif de production. La « tech » et la « data » sont au cœur de toutes les révolutions : performances, optimisation et surtout intégrations partenariales et nouveaux services à valeur ajoutée. La ferme et ses outils semblent ne faire plus qu’un, d’autant qu’ils sont aujourd’hui directement connectés aux citoyens et consommateurs.

Une formidable opportunité de répondre à cet impératif de transition, aux mutations profondes entamées par nos agricultures : nouveaux modèles de production, réponse aux enjeux territoriaux et environnementaux, création de valeur pour les consommateurs etc. L’enjeu de la valorisation des données auprès des consommateurs est au cœur de ces sujets. Certains acteurs ont d’ores et déjà entamé des travaux de fond, afin de construire les filières à haute valeur digitale des prochaines décennies.

Pourtant, la clef de l’agriculture et de l’agtech de demain, n’est pas le serveur, mais l’entrepreneur-agriculteur. L’enjeu n’est pas de créer la ferme digitale (sic.), mais bien d’accélérer la création de valeur pour les entrepreneurs agricoles, dans un monde certes numérique mais où la valeur est avant tout façonnée par les hommes et les femmes du terrain.

Il est donc urgent de bâtir une réelle politique ciblée de formation et d’adoption technologique, où l’agriculteur et ses partenaires sont au centre. Cette logique là – nécessairement horizontale – exige aussi que nous ouvrions largement nos horizons, en nous intéressant avec sérieux aux outils et modèles qui rendent nos concurrents (notamment Eurasiatiques) compétitifs.

Le benchmark commence en Ukraine où l’agriculture avance au rythme de la data : étudions, formons-nous, rapportons les recettes de cette compétitivité « mer Noire » qui nous écrase. Regardons aussi au plus près la place que la France est en mesure de prendre dans ce nouveau monde agri-technologique où l’intelligence collective va devoir très vite prédominer.

Les opportunités de développement au Maroc et en Afrique peuvent elles aussi faire sens dans une vision d’interactions  régionales au plus près des dynamiques rapides d’adoption. De nouvelles collaborations géostratégiques dans ces espaces sont à imaginer afin de construire des réponses et des business-modèles agtech soutenables, seule issue pour que la technologie apporte réellement des réponses aux enjeux agricoles et alimentaires. Osons ! – car vu de Kiev et du Maroc, la France a (vraiment) tout pour réussir.»

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