L’agriculture, pivot stratégique de notre époque

A l’heure de la mise en œuvre des sanctions douanières américaines sur nos produits agricoles, la question de notre indépendance agri-digitale semble plus que jamais soulevée.

Comment accepter que nos agricultures et territoires subissent de plein-fouet les effets d’une guerre commerciale complétement déconnectée des questions alimentaires ? Comment protéger nos intérêts vitaux (alimentation, territoire, énergies), si leurs infrastructures technologiques nous échappent ? Quand nos exports sont menacés en réponse à nos choix fiscaux (numérique) ou industriels (aéronautique), que pourrait-il advenir demain, si nos outils de production & la traçabilité de nos filières sont confiées à des partenaires instables et menaçants ?

Le débat sur la souveraineté numérique de la France et de son agriculture semble (enfin) ouvert. Il est désormais urgent de mettre en œuvre une politique sincère et efficace.

L’urgence de construire une agtech européenne

L’Europe est aux abonnés absents de la guerre technologique que se livrent les puissances du XXIe siècle : les Etats-Unis, la Chine et dans une moindre mesure la Russie et l’Inde.

La question de l’agriculture digitale et de sa souveraineté européenne, nous engage à (rapidement) mettre en œuvre des mesures ambitieuses.

L’investissement sur le cloud souverain est un premier pas, mais quel impact quand aucune mesure n’incite au stockage souverain des données agricoles, et qu’au sein même de nos instituts techniques, il n’en est aucune priorité ?

Autre question, comment acceptons-nous que sous-couvert de start-ups (financées par l’Etat français), des acteurs non-européens, mettent en place les chaînes de traçabilité commerciales de nos filières ? Et au passage, en profitent pour concentrer les nœuds de données ? Ces technologies sont pourtant open-source et maitrisées par nos ingénieurs.

Comment mettre à jour les stratégies de lobbying intenses des GAFAM et d’Alibaba sur la question, pour enfin pouvoir construire notre propre stratégie d’indépendance agri-digitale ?

Nous avons l’ensemble des cartes en main

L’Europe pourtant, possède l’ensemble des savoir-faire et des leviers techniques pour garantir son indépendance dans le domaine.

La concentration des assets technologiques (imagerie, IoT, robotique, électronique embarquée, IA etc.), des savoirs-faires et des marchés (de la France, à l’Allemagne jusqu’à l’Ukraine) nous positionnent comme théoriques leaders mondiaux du domaine.

Les recettes sont simples, et à bien des égards similaires à celles de nos concurrents : rendre obligatoire le stockage de nos données agricoles par des acteurs européens, privilégier dans nos appels d’offres publics et subventions les technologies souveraines, mettre en œuvre une politique concertée d’adoption technologique (de la BPI, à la PAC, jusqu’à Business-France & l’AFD), au profit unique d’entreprises (vraiment) européennes, établir la transparence sur les financements des start-ups du secteur… Les solutions sont connues et à notre portée.

Who is up for (true) European agtech ?

Catégories : Nos actus

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